Dédicaces :
Je dédie ce livre aux décideurs invités à considérer l’inscription de leurs actions dans le bon fonctionnement de la société et à mesurer à long terme les conséquences de décisions strictement industrielles.
Citations : –
« La société est un système de coercition, conçue par l’homme et derrière laquelle il se cache pour émettre un avis, évaluer et juger les asociabilités. »
« Les moments disparus conservent leurs douleurs intactes. »
« L’esclavage moderne est un système socio-économique sans violence reposant sur l’exploitation d’êtres humains. »
« La mort, c’est comme la retraite : ça se prépare. »
« Rien ne sert de mourir, il faut partir à point. »
« C’est depuis le fond que l’on mesure la distance nous séparant de la surface. »
Extraits :
« Quelques instants de leur journée sont volés à leur insu. Positionner la mire de la visée sur sa proie octroie un sentiment de puissance. Sa survie dépend d’une seconde décisive. Cette « fine gâchette », cachée derrière son œilleton, l’œil collé à la paroi, se prépare à lâcher son venin depuis un peu plus de 2500 pieds de sa cible. »
« Il est jeune, souriant et heureux. Ses cheveux roux bouclés illuminent sa peau cuivrée. Sa silhouette masque en partie les tables de restaurant présentes derrière lui. Les surplombant, une copie du tableau turc « Le dresseur de tortue » est accrochée au mur.
Fugace, cette vision s’estompe, me laissant seul face au mystère. »
« A observer ces nombreuses portes ornant ce tunnel, je devine les labyrinthes se cachant derrière chacune d’elles. L’enchevêtrement de ces ramifications me fait dire que, si les rêvasseries devaient représenter nos conscience et inconscience, je m’étonnerais alors de leurs complexités bien plus importantes et tortueuses que je n’aurais pu l’envisager. »
« Avec Gérard, c’est un amour plus raisonné, plus sage. Mon tendre compagnon parvient à apaiser la douleur de cette plaie encore ouverte. Il est attentionné, nous aime moi et mon petit Mario et prend soin de nous. Il est probable que l’on ne puisse aimer qu’une fois et que l’on ne parvienne jamais à combler le vide laissé par son unique et véritable amour. »
« Nous habitions un coron. Face aux maisons accolées, les jardins offraient une partie du repas. Un carré de mauvaises herbes équipé d’une minuscule table et deux chaises permettaient un temps de repos. Lieu où s’arrêtait mon père pour fumer sa cigarette face à l’allée. La cuisinière au charbon peinait à chauffer l’étage de la maison. Le repas du soir réchauffait l’ambiance tandis que la bassinoire s’occupait des lits. Nous avions un petit « chez nous » mais il était suffisant. »
« Il m’a ouvert son cœur et je m’y suis enfermé des décennies tellement je m’y sentais à ma place et, ce, bien au-delà de son départ. A sa mort, ce fut alors l’effondrement des fondations de ma « demeure des sentiments ». Je n’étais plus. J’errais mécaniquement dans une réalité qui n’était pas mienne. »
« Imagine. La plage est blanche. Pourtant tous les grains de sable ne sont pas blancs. Tu en trouveras des noirs si tu les cherches. Tu es d’accord ? Et bien dans la vie, c’est exactement la même chose. Il faut prendre le recul nécessaire pour profiter de la vie, et te dire que les difficultés sont ponctuelles. N’oublie jamais cela. Même si tes malheurs s’enchaînent sur des périodes plus ou moins longues, n’oublie jamais que les bons grains sont présents sur ton chemin au quotidien. La patience relie les heureux évènements en suite logique et invite à l’enjambement des souffrances. »
« Sans doute des « salariés de l’oubli », acteurs d’un passé récent. Ils me dénigraient sans précaution. Je creusais mes souvenirs à la recherche d’une erreur commise, d’un geste maladroit justifiant leur comportement désinvolte et irrespectueux : sans succès. Ils me considéraient juste comme un grabataire dont la condition ne pouvait nuire à personne. »
« Vous vous êtes enfermé dans une solitude pesante, gravée dans votre quotidien, isolé de vos proches. Au long de votre périple, tout était prétexte pour une insatisfaction. Vous avez une grande capacité à prononcer des reproches sans jamais essayer d’agir pour améliorer votre quotidien. Vous vous êtes complu dans ce rôle de victime. »
