La société : plus facile à créer qu’à modifier
La création de la société répond à des principes fondateurs puis, étape par étape, elle se fortifie de nouvelles règles. Devenue tellement imposante, elle devient immuable. Personne ne dispose des capacités; ni se risquerait à modifier ces mammouths. Ainsi tout rajout correspond davantage à une rustine qu’à un remodelage d’un système à l’image du besoin. Depuis la naissance de l’ère industrielle de nombreuses rustines (mondiales, européennes, françaises … ) ponctuent le monde moderne sans que jamais ne soit estimé, anticipé l’impact des nouveautés sur le système global.
La société évolue, oblige, contraint, autorisant les responsables à justifier leur choix par obligation eu égard de normes codifiées. Sur ces réflexions, l’humain est de plus en plus oublié. A l’image des idées de George ORWELL dans 1984, la société vaporise l’humain pour devenir une société industrielle.
Que pensez vous de cette citation de NOE SERNIOZ : « La société est un système de coercition, conçue par l’homme et derrière laquelle il se cache pour émettre un avis, évaluer et juger les asociabilités. »
LA CHASSE A L'EAU : une fuite en avant ?
De nombreux usages à l’eau : boisson, hydratation, dissolution, cuisson, arrosage, natation, hygiène, production électriques, usages mécaniques (vase communiquant / pression), constructions en BTP, incendies, lavage (particuliers et industriels), décapage, transport de masse (biens et personnes), transport par flottaison, pêche, sports nautiques, inondation.
Omniprésente, elle nous irrigue au quotidien de sa présence comptée. Nous sommes encore insuffisamment responsable pour imaginer ce que nous ferions- sans cette ressource précieuse malheureusement inscrite dans un processus de raréfaction. A l’aune d’une valorisation boursière, l’eau s’écoule au carrefour de volontés contraires : l’une encourageant l’épuisement et le gaspillage des stocks à des fins industrielles et l’autre assurant la sauvegarde de peuples assoiffés confrontés aux prémices de luttes impitoyables.
COUPABLES
Stoppons l’épuisement aqueux induit par une surproduction industrielle coupable de gaspillage d’énergie à produire des futilités strictement inutiles. Limitons la production aux besoins d’importance.
Stoppons la surexploitation des eaux douces au nom d’une surproduction agricole coupable de gaspillage d’énergie à produire les surplus non retenus par les géants de la consommation, à produire des aliments qui ne dépasseront jamais le stade de l’étal, à produire la part de nos déchets alimentaires issus d’une gestion catastrophique des stocks réfrigérés des ménages.
Stoppons la surconsommation assassine de services internet coupables de stockage injustifiés de données inutiles ; limitons l’usage et l’accès aux utilisateurs soumis à sanctions en cas d’usages non conformes aux conditions d'usage ; développons des systèmes de refroidissement des serveurs économes en eau ; limitons le stockage des données avec un délai maximal de conservation avant abonnement et rétribution au delà ; reconnaissons la majorité virtuelle à 12 ans pour responsabiliser les jeunes sur les conséquences violentes de leurs bêtises.
Oui, coupable je suis, comme nous le sommes tous.
Je suis coupable de ne pas faire suffisamment la chasse à l’eau dans la limite des économies réalisables sur mon périmètre.
Je suis coupable de cet article qui contribue à son échelle , par l’engorgement et le stockage des données, à la raréfaction de l’eau.
La prise de conscience doit dépasser les mots pour se traduire en actions contre les Terroristeaux. Cette prise de conscience est à orchestrer.
Faudrait-il un ministère des Eaux en charge d’audits et de la délivrance d’autorisations pour une mise en production consommatrice en eau ? Le ministère du travail doit-il veiller et encourager les modes de productions économes en énergie ? Le ministère de l’Agriculture et de l’Agro-Alimentaire devrait-il s’engager comme intermédiaire dans la commande de productions agricoles pour limiter les pertes tout en assurant la maitrise salariale de nos agriculteurs ?
Comme nous pouvons le constater, le prix de l’eau n’est pas le même pour tout le monde. Pour certains, il est une charge financière à défiscaliser, pour une part il est un moyen de production disponible à portée de main, et pour les autres il est l’arme qui les tuera par son absence.

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